mercredi 18 mars 2015

8 femmes d'exception pour la Journée de la Femme by Activilong #7


Journaliste, directrice de la rédaction de l'agence de presse Invariance Noire, sociologue et historienne de l'Art, spécialiste des littératures, peintures et cinémas du Sud, les « casquettes » d’Osange Silou-Kieffer sont nombreuses... 

Rencontre avec une femme d’influence avide de découvertes et de culture.     


Activilong : Pouvez-vous nous dire ce qui a motivé votre orientation professionnelle ?    

Osange Silou-Kieffer : Je n'ai pas vraiment fait de choix. Je me pose depuis toujours des questions sur ce que nous sommes venus faire sur terre,  parce que pour moi aucune naissance n'est le fruit du hasard. 
La grande curiosité que la nature m'a donnée m'a poussée à étudier les sciences qui pouvaient m'y apporter les réponses. Une fois certaines réponses obtenues je me suis dit qu'il me fallait pouvoir les communiquer.

Comme je suis une boulimique du savoir le reste est venu tout seul.    


Après avoir créé les Hohoas, concours de scénario de courts métrages en partenariat avec le ministère de l’Outre-Mer en 2003, vous êtes maintenant Coordinatrice du Prix Océan France Ô* qui élit et finance chaque année un court-métrage français ayant pour thématique l’Outre-mer. Pourquoi avoir choisi le 7è art en particulier ?     

La culture est pour moi la clef de l'équilibre psychologique. Connaître les cultures des autres est le meilleur rempart contre le racisme. Je suis cinéphile parce que pour moi un film est une manière paresseuse de voyager à travers les cultures du monde.

En constatant que nos cultures véhiculées par nos images étaient minorées, son rendu falsifié j'ai pensé qu'il me fallait essayer de compenser cette absence de notre visibilité en soutenant la fabrication des images qui témoignent de notre imaginaire.    


Puisque nous réalisons cette petite interview à l'occasion de la Journée de la Femme, pouvez-vous nous dire en quelques mots, comment vous définiriez la femme d'aujourd'hui ? (Objet, égal ou avenir de l'homme...)      

Sans femme il n'y a pas de vie, donc la femme est l'élément fondamental dans la création de l'humain. Elle demeure l'objet, l'avenir et la pierre angulaire de l'humanité. C'est pour minimiser ce rôle central qu'on nous affuble de tous ces sobriquets.     


Que ce soit dans votre vie de femme ou dans votre carrière professionnelle, y-a-t-il une femme qui suscite (ou a suscité) particulièrement votre admiration ? Pourquoi ?     

Il y en a beaucoup. D'abord, ma mère, ma grand-mère, mais aussi la Mulâtresse Solitude, Marie Curie, Rosa Park, Simone Veil...    
Et puis toutes les femmes d'hier et d'aujourd'hui qui font des choix et les assument.     



En cette journée du 8 mars, quel message ou conseil souhaiteriez-vous adresser aux femmes du monde ?   

Je n'ai pas de conseil à donner, je ne suis pas encore assez sage pour cela. Mon message est celui que ma grand-mère nous a transmis: «Notre corps nous appartient, notre vie nous appartient. Ce que nous en faisons doit être le reflet de notre philosophie. Nous naissons avec juste la dose de folie dont nous avons besoin. Nous ne devons permettre à personne de nous donner la sienne».      


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mardi 17 mars 2015

8 femmes d'exception pour la Journée de la Femme by Activilong #6


Chef cuisinière découverte lors de sa participation à Master Chef, Aïcha Ballo s’est donné pour mission de promouvoir la cuisine africaine, souvent méconnue en France, de façon moderne et innovante.       Depuis l’émission, elle a lancé sa propre affaire : Afro Gourmet, un service de traiteur pour professionnels et particuliers, qui séduit par son concept original et l’excellence des plats proposés.

Rencontre avec un chef autodidacte qui n’a pas froid aux yeux.


Activilong : Pouvez-vous nous dire ce qui a motivé votre orientation professionnelle ? Quel a été votre parcours ?

Aïcha Ballo : J'aime recevoir et j’ai tout simplement souhaité pouvoir allier cela à mon métier.    
Je n’ai pas de réelle formation en cuisine à part celle de commis en collectivité, à côté de ça j'ai fait plein de petits boulots dont serveuse… J’aime seulement le plaisir que procurent un bon plat, une belle assiette bien dressée… Et puis j’avais envie de changer les mentalités,  pour moi la cuisine exotique a énormément de saveurs à nous apporter et peut, comme toute autre cuisine, être gastronomique ( à la fois jolie, colorée et savoureuse).    




Vous êtes originaire de Côte d’Ivoire, vous êtes arrivée enfant en France. Très vite vous souhaitez affirmer vos talents culinaires et vous vous lancez dans cette fois en véritable self-made woman.    
Au-delà de l’association des saveurs, qu’est-ce que la cuisine représente pour vous ? 

Au-delà du fait que la nourriture est l'un des besoins vitaux de l'homme, la cuisine a le pouvoir de proposer un voyage mondial rien qu’en mélangeant les saveurs et textures…     
En fait la cuisine est l'un des seuls "métiers" ou l'on peut à la fois partager,  découvrir,  voyager, prendre du plaisir, créer,  innover,  inventer !        


Que ce soit dans votre vie de femme ou dans votre carrière professionnelle, y-a-t-il une femme qui suscite (ou a suscité) particulièrement votre admiration ? Pourquoi ? 

Beaucoup de femmes suscitent mon admiration. Des femmes que je rencontre tous les jours qui se battent jours après jours pour l'éducation de leurs enfants, la vie de couple,  leur travail etc... Je pense que la vie nous fait rencontrer plein de personnes qui nous apportent énormément que ce soit positif ou non, même les mauvaises expériences sont utiles pour avancer.


 Puisque nous réalisons cette petite interview à l'occasion de la Journée de la Femme, pouvez-vous nous dire en quelques mots, comment vous définiriez la femme d'aujourd'hui ? (Objet, égal ou avenir de l'homme...)      
 
Mamans ou non, travailleuses ou mères au foyer, jeunes ou plus âgées, les femmes sont de plus en plus solidaires,  travailleuses voire acharnées.   
Nous avons moins peur et assumons énormément de responsabilités tout en restant féminine et fières.     


En cette journée du 8 mars, quel message ou conseil souhaiteriez-vous adresser aux femmes du monde ?         

Soyons fières de nous, peu importe notre parcours, nos origines etc.... Les femmes sont de plus en plus fortes et portent énormément de choses sur les épaules. Soyons solidaires et unies.     


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lundi 16 mars 2015

8 femmes d'exception pour la Journée de la Femme by Activilong #5


Révelée au public en 2002, Aurélie Konaté  a fait partie de la 2e saison de la Star Academy. Depuis, elle n’a de cesse de diversifier ses talents en ajoutant le théâtre, le doublage au cinéma ainsi que la télévision à votre carte de visite.      

Rencontre avec une artiste complète et passionnée.   


Activilong : Pouvez-vous nous dire ce qui a motivé votre orientation professionnelle ?    

Aurélie Konaté :  Je crois qu’avant tout c’est l’amour de la scène. Avec la tournée de la Star Academy j’ai pris goût au show et j’ai eu envie de retrouver cette interaction avec le public. Du coup j’ai eu envie de poursuivre     en faisant des comédies musicales puis ensuite des pièces de théâtre.    

Rôles principaux dans des comédies musicales comme Sister Act ou Fame, rôles dans des séries télévisées telles que Chante !, Le juge est une femme, et actuellement Camping Paradis, entre chanson et jeu d’actrice votre cœur balance… Alors, entre nous, vous préférez être Aurélie chanteuse ou Aurélie actrice ?

Aujourd’hui je préfère Aurélie comédienne mais la chanson est toujours et sera toujours dans mon coeur. Je me tâte en ce moment à me lancer dans l’aventure d’un album solo.  On verra  si je rencontre la bonne équipe ;-)    

Pouvez-vous nous dire en quelques mots, comment vous définiriez la femme d'aujourd'hui ? (Objet, égal ou avenir de l'homme...)     

Pour moi la femme d’aujourd’hui c’est avant tout une femme épanouie dans ce qu’elle fait et ce qu’elle est. Une femme qui s’assume et qui est indépendante.     

Que ce soit dans votre vie de femme ou dans votre carrière professionnelle, y-a-t-il une femme qui suscite (ou a suscité) particulièrement votre admiration ? Pourquoi ?       

Dans ma vie de femme je dirais ma maman car elle m’a tout appris et je trouve que c’est une femme formidable.  

Dans ma vie professionnelle je dirais Beyonce j’adore cette nana. elle est talentueuse dans tous les domaines, une bosseuse acharnée et une business woman incroyable.     

En cette journée du 8 mars, quel message ou conseil souhaiteriez-vous adresser aux femmes du monde ?  
  

Je souhaite adresser un message de soutien aux femmes dans le monde qui n’ont pas la chance de vivre et de s'exprimer librement. Je mesure notre chance.     


L’actu d’Aurélie :  «Je participe au single "No Woman No Cry" qui sortira justement le 8 mars pour la journée de la femme. Ce single est un moyen de lutter contre les violences faites aux femmes et de porter un message d'espoir via l'association "Unissons Nos voix», collectif ayant réuni de nombreuses personnalités pour défendre cette noble cause».


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vendredi 13 mars 2015

8 femmes d'exception pour la Journée de la Femme by Activilong #4

Sociologue, chercheure et enseignante martiniquaise reconnue, Juliette Sméralda a conduit de nombreuses études sur le thème de l’interculturalité et notamment de la «sociologie de la dominance» qui traite des rapports dominants/dominés.     

Rencontre avec une passionnée du genre humain toujours en quête de découvertes sur les Hommes et leur rapport à eux-mêmes à travers leur Histoire et leurs interactions sociales.

Activilong : Pouvez-vous nous dire ce qui a motivé votre orientation professionnelle ? Etait-ce une vocation ?    

Juliette Sméralda : Je suis passionnée par les problèmes identitaires et sociaux des sociétés antillaises en particulier,  parce qu’elles se posent, et posent au monde, des défis inédits, du fait de leur multiculturalité et des formes de domination intergroupe tout aussi inédites qu’elles révèlent au monde, et qui ne peuvent bien s’appréhender en dehors des paradigmes de l’altérité extrême, des contacts entre hors-groupes qui n’entretenaient, avant l’esclavage et la colonisation, aucun lien de proximité et de familiarité. 

Etudier la structuration progressive des liens très arbitraires qui vont se tisser entre ces hors-groupes, en faveur du groupe dominant protégé par tout un système (social, économique, politique, culturel), c’est appréhender concrètement les formes d’adaptation violentes parfois auxquelles le groupe dominé (les esclavagés africains) a dû se prêter, pour assurer sa survie. 

Les recherches sociologiques et anthropologiques portant sur ces phénomènes manquent cruellement, malgré les besoins exprimés par les populations de ces régions. 

Je tâche donc, avec les très faibles moyens dont je dispose, d’apporter des éclairages sur ces phénomènes identitaires, grâce aux outils méthodologiques que me fournissent les Sciences Humaines…


Vos ouvrages "Peau noire, cheveu crépu. L'histoire d'une aliénation" et "Du cheveu défrisé au cheveu crépu. De la dénaturation à la revendication" sont devenus 2 livres de référence pour de nombreuses femmes dans la compréhension et l'acceptation de leurs chevelures frisées, crépues... Comment, pourquoi avoir choisi le cheveu comme objet d'étude ? 

Le cheveu n’est pas en dehors du corps. Il en est même une composante déterminante, bien que, par sa position haute, on a tendance à l’en exclure. Il nous relie au cosmos ; fibre imputrescible, il est l’objet de très nombreuses mythologies, de croyances, de pratiques magico-religieuses… Sans compter qu’il est symbole de féminité et participe directement à la mise en valeur du corps ! 

Ma réflexion se menait sur le corps dans son ensemble, que j’ai très tôt perçu comme un territoire sur/dans lequel se déroulaient des luttes d’influence et de pouvoir parfois inavouables. 
On trouve d’ailleurs, dans les stratégies de domination coloniales beaucoup de références au corps comme objet à dompter, à réduire au silence, à exploiter, à modifier (voir les théories de l’hybridité et du métissage qui fleurissent au XVIIIe siècle, chez les théoriciens du racisme antinégriste)… Le corps – et son cheveu - sont donc éminemment politiques.


Puisque nous réalisons cette petite interview à l'occasion de la Journée de la Femme, pouvez-vous nous dire en quelques mots, comment vous définiriez la femme d'aujourd'hui ? (Objet, égal ou avenir de l'homme...)      

La femme n’a pas choisi d’être l’égale ou l’inégale de l’homme. Ces théories n’ont donc rien d’inné. Ce sont au contraire des inventions de sociétés hiérarchisées, qui ont défini, dans le procès de la socialisation de leurs membres, le statut, le rôle et la place respectifs de leurs catégories de genre (sexuées). 

Le statut inférieur de la femme et sa relégation consécutive dans la sphère privée (cheftaine de l’espace domestique), s’observent essentiellement dans les sociétés inégalitaires et patriarcalistes. Toutes les sociétés n’ont pas classifié leurs membres suivant le même principe, cependant: dans certaines d’entre elles, le poids des femmes dans la sphère publique est considérable. 

La femme d’aujourd’hui devrait s’inspirer d’une vision large de la place de la femme dans les sociétés modernes ; s’émanciper des constructions sociales qui les définissent en dehors d’elles-mêmes, travailler à déconstruire les schèmes d’une féminité carcan qu’elles devraient s’employer à déconstruire, parce qu’ils les confinent à la marge des centres de pouvoir. S’appliquer une définition de soi qui intègre l’idée de partenariat, afin de s’émanciper de la domination masculine (voir Bourdieu à ce sujet) c’est prendre conscience de l’immense responsabilité qui est la leur dans l’amélioration des sociétés modernes et dans la marche du monde...

Que ce soit dans votre vie de femme ou dans votre carrière professionnelle, y-a-t-il une femme qui suscite (ou a suscité) particulièrement votre admiration ? Pourquoi ?

Je ne me suis pas posée la question en ces termes-là, il est vrai, mais je crois bien que j’ai un regard particulier sur certaines femmes, qui m’ont particulièrement émue (peut-être inspirée, sans que je sache définir clairement en quoi). 

J’ai d’abord du respect pour toutes ces femmes qui s’impliquent d’une façon ou d’une autre dans la bonne marche de leur société ; pour celles qui affrontent l’adversité et le machisme ambiant avec cran, et qui sont donc les porte-flambeaux de l’émancipation des femmes.

Je suis absolument reconnaissante à toutes ces femmes africaines (Aminata Traore, Winnie Mandela…) et afrodescendantes (Angela Davis, La mulâtresse Solitude, les sœurs Nardal (Paulette ici en photo)… et tant d’autres, indiennes notamment) qui nous ont inscrites et nous inscrivent encore dans l’histoire des femmes du monde, malgré les résistances de ce monde à nous reconnaître dans notre entière humanité…


 Je me sens solidaire du combat des femmes de tous les continents en général, bien que je trouve que certaines solidarités intragroupes restent à cultiver dans les sociétés multiculturelles.


Je mesure au quotidien le poids de la pensée de femmes comme Hannah Arendt sur les questions du pouvoir et des totalitarismes, même si je suis parfois critique de certaines de ses analyses biaisées par des considérations qui m’apparaissent racistes dans leurs prolongements…

Dans le domaine musical, j’éprouve plus que de l’affection pour Whithney Houston, Mahalia Jackson, Aretha Franklin, mais ce sont là les noms qui me viennent immédiatement à l’esprit, il y en a tant d’autres !
 

En cette journée du 8 mars, quel message ou conseil souhaiteriez-vous adresser aux femmes du monde ?    

Je suis persuadée que les femmes comprennent de mieux en mieux les formes de domination qu’elles subissent. Elles travaillent donc à déplacer le curseur de mentalités qui n’évoluent sans doute pas aussi vite qu’elles le souhaiteraient. Mais ce curseur se déplace ! C’est ce que nous montre un regard rétroactif sur l’histoire… 

L’enjeu de l’émancipation des femmes aujourd’hui est donc de s’émanciper des constructions sociales et sexuées dominantes forgées par la société, pour se positionner dans leur environnement en tant qu’acteurs sociaux sur qui reposent l’équilibre et la réhumanisation du monde moderne. 


L’éducation, la formation, l’estime de soi, la volonté d’exister hors des stéréotypes et d’apporter au monde leur génie, le souci des autres, tels pourraient être les outils et les postures qui feraient de nous toutes une moitié véritablement utile à l’humanité…


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