lundi 9 mars 2015

8 femmes d'exception pour la Journée de la Femme by Activilong #1



Fondatrice du LABOMAI regroupant les marques Activilong et Miss Antilles, Yannick Cheffre est l’experte des cheveux frisés en France.

Coiffeuse passionnée, elle fut la première à ouvrir un salon dédié aux cheveux crépus et frisés en métropole.
    
Rencontre avec une self-made woman, toujours en avance sur son temps.   

Activilong : Pouvez-vous nous dire ce qui a motivé votre orientation professionnelle ? Etait-ce une vocation ?    
 
Yannick Cheffre : A 18 ans j’étais déjà un ancien combattant de la vie car très jeune j’ai dû relever des défis pour exister en tant que personne « normale ». Quand vous devez faire votre place dans un monde qui exclut le moindre handicap cela vous forge une personnalité de battante qui ne m’a jamais quitté. J’ai dû compenser certaines frustrations en développant d’autres atouts. L’observation et l’analyse des besoins en font parties. 

J’ai choisi la coiffure par passion. Ma vocation profonde a toujours été de transformer l’autre et d’observer son épanouissement. Mon métier inclut une dimension psychologique car j’ai la responsabilité de transformer le sujet en une nouvelle personnalité.  Si vous saviez le nombre de couples que j’ai raccordé juste par un coup de peigne !

Le salon de coiffure était le premier réseau social des femmes, cela explique en grande partie le succès qui m’a accompagnée et mon désir de répondre aux besoins liés à la spécificité du cheveu frisé a fait le reste.   

 A: Toujours en quête d’innovations et ne vous satisfaisant pas des soins capillaires du commerce, vous décidez de créer vos propres formules en les enrichissant d’ingrédients naturels. Comment l’idée de vous lancer dans la fabrication de vos propres produits vous est-elle venue ?    

Y.C : Dans les années 70, c’était le triomphe du tout chimique avec des formules agressives. Dans ce contexte nous étions peu nombreux à mettre en avant des actifs naturels surtout dans l’offre de produits destinés au marché ethnique. 

L’histoire nous a donné raison car depuis toutes les marques même généralistes ont introduit les actifs comme le coco, le karité, l’olive, l’avocat…. Mais l’actif ne fait pas tout. Il faut des formules adaptées avec des galéniques spéciales qui soignent et embellissent les cheveux secs, abîmés et cassants. Le cheveu frisé est à la fois le plus complexe et le plus fragile donc le plus exigeant. 

Depuis 1983 nous apportons une solution efficace, accessible et complète.    


 A : Que ce soit dans votre vie de femme ou dans votre carrière professionnelle, y-a-t-il une femme qui suscite (ou a suscité) particulièrement votre admiration ? Pourquoi ?     

Y.C : Si la Nature était une femme je l’admirerais. J’ai passé ma vie à combattre l’idée qu’il y aurait des individus supérieurs au commun des mortels. J’apprécie par contre les valeurs que portent certaines personnes. Finalement j’admire trop de monde pour les citer, par exemple toutes ces femmes singulières que j’ai coiffées. J’ai un infini respect pour toutes celles qui ont amélioré la vie des femmes à travers leurs luttes.     


A : Puisque nous réalisons cette petite interview à l'occasion de la Journée de la Femme, pouvez-vous nous dire en quelques mots, comment vous définiriez la femme d'aujourd'hui ? (Objet, égal ou avenir de l'homme...)     

Y.C : La femme d’aujourd’hui n’est pas si différente de celle des civilisations antérieures. et comparer la femme à l’homme et inversement c’est ignorer le principal : l’épanouissement personnel. Nous avons tant de qualités humaines à développer, nous sommes un tel chantier tout au long de notre vie et la vie est courte qu’il est dérisoire de psychoter pour des questions non existentielles.
Dans ma vie j’ai dirigé des hommes comme des femmes et l’important est de leur faire partager la même vision.



Pour finir, quel message, conseil souhaiteriez-vous adresser aux femmes du monde en cette journée du 8 mars ?

A dire vrai je n’ai toujours pas compris qu’il faille une journée spéciale pour les femmes comme si elles étaient minoritaires. Pour ma part il n’y a pas de déterminisme ni de fatalité à la condition féminine. Tout se passe dans l’éducation et donc dans la tendre jeunesse où les esprits sont conditionnés. 
Il faut une forte personnalité voir rebelle pour casser toute forme d’asservissement psychologique. Les femmes sont puissantes non de leur force physique mais de leur mental. Il leur faut prendre conscience de leurs atouts et partir à la conquête de leurs ambitions sans aucun complexe. 

Par déformation professionnelle j’ai été amenée à constater l’effet magique de la beauté sur l’estime de soi contribuant ainsi au développement personnel et à l’amélioration de la qualité de vie. 
Je partage la position de l’académicien François Cheng sur ce sujet : quand les femmes sont belles dans leur tête elles sont rendues meilleures. 

C’est cette magie qui m’anime dans la recherche de la perfection ultime à travers mes produits comme avec mon peigne. 


A toutes les femmes, je dirais de prendre garde de ne point tergiverser quand il s’agit de défendre sa liberté. Qu’elles prennent soin de leur beauté, qu’elles soient fières et lucides !
 

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